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Comment gérer les ragots sur le lieu de travail et encourager la communication ?

Par Patrick Dubuisson , le mardi, 25 octobre 2022, 19h35 — Communication - 11 minutes de lecture
Comment gérer les ragots sur le lieu de travail et encourager la communication ?

Les ragots sur le lieu de travail font partie du travail dans toute organisation. C’est un résultat presque inévitable des rencontres et des interactions régulières entre collègues. Les ragots ont mauvaise réputation (après tout, personne n’aime être celui dont on parle). Mais ce n’est pas toujours une mauvaise chose. La chercheuse Elena Martinescu a découvert que les ragots ont en fait une fonction utile. Elle explique : « Selon la théorie de l’évolution, les humains ont développé le commérage afin de faciliter la coopération au sein d’un groupe. »

Les interactions entre les employés peuvent être le signe d’un lieu de travail ouvert et accueillant. Mais lorsque les échanges constituent des ragots négatifs, une organisation peut rapidement développer un environnement de travail toxique.

Les conséquences négatives des rumeurs sur le lieu de travail

Lorsque les ragots négatifs sont courants sur le lieu de travail, ils peuvent empêcher les discussions fructueuses. Les rumeurs peuvent mettre à mal la confiance entre collègues. La qualité du travail est également susceptible d’être affectée, et le moral des employés baisse considérablement.

Passer du temps sur des conversations sournoises peut diminuer la productivité au travail. Un environnement où les ragots prospèrent a tendance à être hostile. Alors comment obtenir les effets positifs de la collaboration, sans le traumatisme du lycée ?

Comment repérer les ragots sur le lieu de travail

Lorsque des collègues se réunissent pour parler, la nature de leurs discussions n’est pas toujours claire. D’une part, il peut s’agir d’un simple bavardage sans intérêt ou d’un rattrapage des activités du week-end. Il est donc difficile d’identifier quand les gens se livrent à des commérages sur le lieu de travail.

Bien qu’il soit difficile de les identifier, il est parfois possible de les repérer en observant les comportements suivants :

1. Le ton de la conversation

Lorsque les travailleurs discutent de leur vie personnelle, des projets de travail à venir ou d’autres sujets « neutres », il y a une cadence commune. Cette conversation atteint souvent son apogée à un niveau de voix normal, et s’arrête probablement après un court moment.

Dans le cas des commérages, le ton de la voix a tendance à être plus feutré. Ces conversations s’étendent souvent sur un certain temps au fur et à mesure que les ragots sont échangés.

Les rumeurs sont également partagées par le biais de canaux numériques. Au-delà de la fontaine à eau, les conversations peuvent se propager par le biais de courriels, de médias sociaux et d’autres moyens. Ce qui peut commencer par de petits commentaires négatifs sur un collègue peut rapidement se transformer en ragots sur le lieu de travail. La frontière est très mince entre « se défouler » et nuire à l’environnement de travail.

2. Des affirmations surgissent sans sources claires

Les ragots de bureau peuvent suggérer ou semer des graines de mauvaises nouvelles sur le lieu de travail. On parle souvent d’un licenciement potentiel, d’un comportement contraire à l’éthique et d’autres histoires désagréables. Mais si ces ragots circulent sur le lieu de travail, il est souvent difficile d’identifier l’origine de ces rumeurs. Les tentatives pour le savoir se heurtent généralement à des obstacles. Un employé peut en désigner un autre, et ainsi de suite.

3. Le sujet de la conversation n’est pas connu

Lorsque des ragots sont échangés, il y a peu de chances que le sujet soit présent pour les écouter.

Ces rumeurs sont souvent blessantes ou dénigrantes par nature. Si vous n’êtes pas sûr, utilisez ce test rapide. Si l’interlocuteur ne répéterait jamais ce qu’il dit si la cible était au courant, il y a de bonnes chances qu’il s’agisse de ragots.

Créer une politique d’entreprise sur les ragots au travail

Une culture du commérage peut engendrer un environnement de travail toxique. Lorsque les personnes au sein de l’entreprise font souvent l’objet de conversations désagréables, cela peut éroder la confiance et nuire aux relations de travail. Les travailleurs peuvent commencer à se regarder avec suspicion et dédain.

Les commérages engendrent des divisions sur le lieu de travail. La camaraderie entre collègues souffre lorsque de fausses allégations circulent régulièrement. Un environnement de travail néfaste peut pousser les travailleurs à sortir pour leur bien-être.

Pour prévenir les dangers potentiels des ragots, il appartient à la direction d’apporter les changements nécessaires. La tolérance de l’organisation à l’égard des ragots doit être codifiée dans la politique ou le manuel de l’entreprise. Cette stratégie peut être abordée de la manière suivante :

Donnez une définition du commérage

Parce que les commérages peuvent avoir des intentions différentes, cette pratique peut être difficile à décrire.

Les politiques limitant le commérage sur le lieu de travail doivent cependant être aussi claires que possible. Parler d’une personne absente d’une manière qui ternit son image peut être considéré comme du commérage. Cela s’étend également aux propos négatifs sur le lieu de travail. Ces échanges peuvent être préjudiciables à la réputation d’une entreprise.

Pour avoir une idée claire de ce qu’implique le commérage, il convient d’énumérer des exemples de cet acte. Parler en mal de collègues à d’autres travailleurs, partager les informations privées d’un collègue, etc. peuvent être des exemples courants.

Expliquez les résultats de cet acte

La politique doit expliquer pourquoi les ragots sont contrôlés sur le lieu de travail. Ses effets sur les relations entre employés, l’estime de soi et l’attrition de l’entreprise doivent être détaillés. Cela donne aux travailleurs une idée juste des conséquences d’une communication négative.

Liste des sanctions pour les ragots sur le lieu de travail

Traiter avec des employés et des situations difficiles peut être un défi. Essayez d’être aussi transparent que possible. Des sanctions doivent être prévues pour montrer à quel point le bureau prend les ragots au sérieux. L’entreprise doit pénaliser les employés qui se livrent régulièrement à des commérages négatifs au bureau.

Mais s’il est important de gérer les ragots, il convient de consulter les lois sur les relations de travail. Les professionnels des RH doivent s’assurer que les politiques contre les ragots ne sont pas trop larges.

Cette politique doit être formulée avec soin pour permettre les associations de travailleurs, comme le prévoit le National Labor Relations Act. Les employés sont libres de discuter de sujets liés au lieu de travail, comme l’amélioration des conditions de travail.

Par ailleurs, si les sanctions peuvent servir à dissuader les ragots, il faut être prudent. Une mesure disciplinaire extrême comme le licenciement d’un employé pour cause de ragots doit être soigneusement étudiée. Vous ne voulez pas créer un environnement qui punit les gens pour avoir bavardé entre eux. En plus de créer un environnement de travail inconfortable, les employés peuvent avoir l’impression que l’entreprise a quelque chose à cacher.

4 façons de gérer les ragots au travail

Les effets des ragots sur le moral, l’environnement de travail et même les résultats financiers rendent cette activité indésirable sur le lieu de travail. Pour prévenir les impacts négatifs des ragots et éviter le gaslighting au travail ou l’expansion de la politique de bureau, des mesures appropriées doivent être mises en place. Voici les mesures que la direction peut prendre pour gérer les ragots :

1. Encouragez les rumeurs positives

Un environnement de travail sans commérages est un objectif idéal pour toute organisation. Cependant, il s’agit peut-être d’un objectif irréaliste. La nature humaine a besoin d’échanger des informations. Bien que certains ragots soient inappropriés et blessants sur le lieu de travail, ils sont presque inévitables.

Pour gérer les bavardages sur le lieu de travail, les managers peuvent encourager la diffusion de nouvelles positives. Ce type d’appréciation des employés peut consister à promouvoir les discussions sur les étapes importantes de la carrière d’un collègue, l’exécution compétente d’une tâche, etc. Les managers doivent décourager les membres de l’équipe de parler des détails de la vie personnelle d’une autre personne (bien que parler de soi soit acceptable).

2. Fournir aux travailleurs des moyens d’exprimer leurs sentiments.

Il est possible d’endiguer les rumeurs en fournissant les bons canaux d’accès à l’information. Les organisations peuvent fournir des moyens tels que des boîtes de réclamation pour que les travailleurs puissent exprimer leurs préoccupations. Cela permet de créer un environnement protégé pour discuter des questions en litige.

La direction peut également appliquer une politique de la porte ouverte. Des supérieurs accessibles constituent une voie claire pour clarifier des informations sur l’entreprise. Des managers accessibles permettent des conversations ouvertes sur les griefs ou autres soucis au travail.

Des canaux de communication ouverts sur les événements au bureau peuvent contribuer à limiter les ragots. Les exercices de cohésion d’équipe sont un autre moyen d’améliorer la communication sur le lieu de travail.

3. Mettre en place une formation sur les effets des ragots

La culture du lieu de travail autour des ragots peut bénéficier d’un coaching sur le sujet. Les travailleurs devraient se faire une idée de l’impact que les rumeurs peuvent avoir sur leurs collègues et sur le lieu de travail.

Cette formation peut également aider les victimes de ragots à connaître les prochaines étapes appropriées. On peut leur apprendre à se défendre et à traiter avec des collègues difficiles. Les dirigeants peuvent développer des compétences en matière de résolution des conflits. De même, les mesures permettant d’endiguer ces rumeurs – avant qu’elles ne commencent – peuvent être partagées au cours des sessions.

Grâce à la formation, les employés peuvent déterminer ce qu’ils doivent faire après avoir entendu des ragots. On peut leur apprendre à s’éloigner, à changer de sujet ou à informer les bonnes personnes de l’échange.

4. Donner des avertissements

Après avoir mis en place une politique sur les ragots au bureau, des avertissements peuvent être donnés aux contrevenants. Ceux-ci peuvent prendre la forme d’avertissements verbaux ou écrits.

En décourageant les ragots sur le lieu de travail, la direction peut contenir la propagation des rumeurs.

Les ragots au travail sont-ils le symptôme d’un problème plus vaste ?

Bien qu’il s’agisse d’une caractéristique commune de la nature humaine, le commérage peut signaler quelque chose de plus profond au sein d’une organisation. Lorsque les employés bavardent, ils peuvent discuter d’informations sensibles sur le lieu de travail. Cela peut se produire lorsque les travailleurs ne font pas confiance à la direction pour partager les détails du problème.

Les travailleurs peuvent également faire des commérages à propos d’une rencontre impolie avec la direction ou un autre collègue. Cela peut se produire lorsqu’il n’existe aucun moyen d’aborder de tels échanges. Lorsque les employés n’ont pas de canaux officiels pour exprimer leurs doléances, les ragots peuvent se développer.

Construire une culture qui gère les rumeurs sur le lieu de travail

Pour éradiquer les ragots, les dirigeants doivent promouvoir une culture qui limite ce comportement et s’efforcer d’améliorer la dynamique de l’équipe.

L’une des mesures les plus efficaces consiste à instaurer une communication ouverte au sein de l’organisation. Ainsi, les travailleurs n’ont guère besoin de spéculer sur ce qui se passe dans l’entreprise.

La direction doit également montrer l’exemple lorsqu’il s’agit de limiter les ragots sur le lieu de travail. En faisant preuve d’une faible tolérance à l’égard des ragots, les subordonnés peuvent apprendre des façons plus saines de communiquer.

La culture du lieu de travail bénéficiera d’interventions directes pour gérer les ragots. Cela signifie qu’il faut mettre en garde les travailleurs qui se livrent à des ragots. Dans les cas graves et répétés, des mesures punitives peuvent être évoquées.

Lorsque les individus apprennent à se connaître et à se respecter, les ragots sur le lieu de travail ont tendance à s’évaporer d’eux-mêmes. Développer un lieu de travail psychologiquement sûr signifie que les gens doivent se sentir libres de se parler. Mais ils doivent également se sentir intrinsèquement motivés pour se protéger mutuellement. Savoir que l’on est en sécurité – tel que l’on est, dans les bons comme dans les mauvais jours – est un élément clé pour pouvoir apporter toute sa personne sur le lieu de travail.

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Patrick Dubuisson

Je suis un professionnel du recrutement, qui partage sa vie entre sa famille, son boulot, et surtout son boulot.  J'ai 42 ans, toutes mes dents, un labrador, un pavillon de banlieue dans les Yvelines, une femme, deux enfants, un break et je passe des vacances au Touquet tous les ans, quand je ne vais pas chasser l'ours au bord du lac Baïkal ou boire de la vodka avec Nicolas. J'aime la course à pied, le squash, le tennis, le mikado, la vodka et la roulette.

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